Article – « Les émotions agissent sur l’intensité de la douleur »

Publié par: le 20 novembre 2009 | Pas de commentaire

Cet article, publié dans le journal Forum le 10 novembre 2009, aborde les conclusions d’une recherche récente portant sur les relations entre douleur et émotions, effectuée au BRAMS par Mathieu Roy, sous la co-direction d’Isabelle Peretz et Pierre Rainville, étude récemment publiée dansProceedings of the National Academy of Science (PNAS)*. Les chercheurs y démontrent que les émotions négatives et positives agissent directement sur l’intensité de la douleur.

« La piqûre d’un vaccin contre la grippe pourrait devenir moins douloureuse grâce à une simple action : se concentrer sur une image agréable. C’est ce que nous apprennent des chercheurs de l’Université de Montréal, auteurs d’une étude dont les résultats publiés dans la dernière édition de Proceedings of the National Academy of Science (PNAS), où ils révèlent que les émotions négatives et positives agissent directement sur l’intensité de la douleur.

« Les émotions, ou l’humeur, peuvent altérer notre réaction à la douleur en raison des liens étroits qui existent entre les deux, indique Mathieu Roy, qui a mené cette étude alors qu’il était doctorant à l’Université de Montréal et qui est aujourd’hui chercheur postdoctoral à l’Université Columbia. Nos expériences nous ont permis de déterminer à quel moment le cerveau perçoit la douleur et comment celle-ci peut être amplifiée dès lors qu’elle est combinée à des émotions négatives. »

Dans le cadre de cette étude, 13 sujets ont été recrutés et invités à subir des chocs électriques de faible intensité, mais néanmoins douloureux provoquant des secousses mesurables de type réflexe rotulien dans la colonne vertébrale. Parallèlement à ces chocs, une série d’images agréables (comme du ski nautique), désagréables (un ours menaçant) ou neutres (un livre) ont été présentées aux sujets et les réactions de leur cerveau ont été mesurées simultanément par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).

Les clichés obtenus par IRMf ont permis aux chercheurs de distinguer l’activité cérébrale liée aux émotions des réactions occasionnées par la douleur. « Nous avons alors constaté que chez les sujets soumis à des chocs électriques, les images désagréables déclenchaient une douleur plus forte que les images agréables », déclare Mathieu Roy.

Cette découverte est la preuve scientifique que la douleur est régie par les émotions et conforte les résultats des études antérieures menées par Mathieu Roy ayant montré que le fait d’écouter une musique agréable soulageait l’intensité des douleurs. « Nos résultats montrent que des interventions non pharmacologiques de nature à améliorer l’humeur, comme la photographie ou la musique, pourraient être utilisées dans la prise en charge de la douleur. Ces interventions sont par ailleurs peu onéreuses et peuvent s’adapter à plusieurs contextes », ajoute le chercheur.

À propos de l’étude :
Les auteurs de l’article « Cerebral and spinal modulation of pain by emotions », publié dans PNAS, sont Mathieu Roy, Mathieu Piché, Jen Chen, Isabelle Peretz et Pierre Rainville de l’Université de Montréal.

Partenaires de recherche :
Cette étude a été financée par le Fonds de recherche en santé du Québec, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada.

 

*Mathieu Roy, Mathieu Piché, Jen Chen, Isabelle Peretz and Pierre Rainville, « Cerebral and spinal modulation of pain by emotions », Proceedings of the National Academy of Science.

 

JOURNAL FORUM – 10 novembre 2009